Ma famille allemande

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Aujourd’hui j’ai dit au revoir à ce que j’appelle « ma famille allemande », et j’en ai gros sur la patate. Alors j’ai envie de vous parler d’eux. Déjà, je devrais plutôt les appeler « ma famille germano-espagnole en Allemagne », car techniquement, ils sont à moitié allemands (nationalité du père) et à moitié espagnols (nationalité de la mère). Les enfants, eux, ont la double nationalité !

J’ai débarqué chez eux un sombre soir de février, complètement épuisée après 10 heures de bus (Paris-Brême, c’est sacrément long). J’étais assez hésitante, peu emballée à l’idée de parler allemand, et franchement gênée de débarquer si tard chez des inconnus. Alors qu’eux était super emballés ! A peine arrivée, la maman, que je nommerais désormais M., m’a serrée dans les bras en me disant qu’elle était très contente que je sois là. Le papa, D., m’a saluée et a immédiatement empoigné les valises pour les mener à ma chambre, deux étages plus haut. Quant à l’ado, I., elle m’a gentiment expliqué deux trois choses en français et m’a fait faire le tour du petit appart’ puis de ma chambre sous les toits.

Cette cohabitation qui ne devait durée que quelques semaines, le temps que je me trouve un logement, a en fait duré bien plus longtemps… à vrai dire, autre mois et demi plus tard, j’y habite toujours ! Je suis même gardienne de la maison, puisqu’ils viennent de partir en vacances et m’ont confié les clés et les plantes. Bref, on s’est tellement bien entendus qu’ils m’ont proposé de rester vivre avec eux. Sur le coup j’étais un peu mal à l’aise à l’idée de rompre pour de bon la dynamique familiale, et puis finalement, je suis bien contente d’avoir décidé de rester ! Non seulement ils sont devenus des amis, mais en plus j’ai considérablement amélioré mon niveau d’allemand grâce à eux ! En coloc, on serait vite passé à l’anglais je pense…

Bien sûr, je participe aux tâches ménagères, je fais à manger de temps, je garde parfois le petit dernier, L., et j’ai donné pas mal de cours de français à I., qui avait un important examen au mois de mai. Mais je ne suis ni baby-sitter, ni au pair, je suis « un membre de la famille » comme aime me le répéter la maman. Cela s’est vérifié au moment de se dire au revoir, avec toutes les larmes qui ont coulé sur les joues, la promesse de se donner des nouvelles et dizaines d’invitations, à Brême, en France, en Serbie…

A la maison, on fait donc des trucs d’Allemands… on dîne super tôt, le week-end le petit-déjeuner est composé de Brötchen (petits pains), fromage, jambon, oeufs, on boit des bières en regardant le football, le moindre rayon de soleil est l’occasion pour un barbecue, les anniversaires sont super ritualisés (toujours le jour même, et surtout pas en avance !). Mais heureusement, on fait aussi des trucs d’Espagnols ! On se couche tard et on se lève tard, on prépare de vrais dîners chaque soir (pas d’Abendbrot, Dieu merci !), on boit du vin rouge et on mange du fromage espagnols, on discute de millions de sujets jusque tard le soir.

Il y a aussi toutes ces choses dans leur mode de vie qui me plaît et correspond à mes convictions: la viande est quasiment absente de la nourriture quotidienne, tout le monde se déplace à vélo, ils n’ont pas de voiture mais utilisent parfois des voitures en libre service, ils voyagent beaucoup, parlent et apprennent plein de langues étrangères (le petit dernier apprend l’anglais et l’espagnol en dehors de l’école, l’ado le français et l’anglais au lycée + l’espagnol en dehors, la maman l’italien à la fac et le père le français à l’Institut Français !), ils sont super ouverts d’esprit et ont une grande bibliothèque pleine de livres sur la spiritualité, le bonheur, la méditation, etc.

Bien sûr, je ne suis pas à 100% chez moi et parfois, certaines choses m’agacent. Par exemple, le petit dernier est un enfant-roi capricieux et pas toujours très poli, à qui beaucoup de choses sont cédées. Mais cela ne me regarde pas et j’ai beaucoup pris sur moi pour me taire. Bref, c’est comme être en colocation avec quelqu’un: on n’apprécie pas toujours tout et il faut parfois faire des efforts.

En tout cas, à trois semaines de mon retour en France, je peux dire que l’un des meilleurs souvenirs que je garderai de mon séjour en Allemagne est cette famille. Ils ont été adorable avec moi, m’ont accueillie comme une amie, m’ont énormément aidée (surtout quand je me suis cassée le bras et suis devenue un vrai boulet…) et m’ont fait progresser. Dire au revoir a vraiment été dur, mais je sais que je reviendrai les voir ou qu’ils passeront par Paris un de ces jours ! Ce sont de telles rencontres qui rendent un voyage inoubliable, le moment des au revoirs est douloureux, mais je suis très heureuse d’avoir eu l’occasion de les rencontrer et de faire ce petit bout de chemin en leur compagnie.

Deux des petits cadeaux offerts par les enfants avant leur départ

Je ne sais pas si vous aussi, vous avez des expériences de ce genre, en tant qu’au pair ou coloc ? Racontez-moi !

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Une réflexion sur “Ma famille allemande

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