Sélection de récits de voyage

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Je me lance dans une section à laquelle je pense depuis le début de ce blog: la littérature ! Je suis une mordue de littérature, comme en témoigne les études que j’ai faites avant le FLE. J’aime surtout les bons vieux classiques français, avec une petite préférence pour le théâtre de Corneille, les drames romantiques, la poésie de la fin du XIXème, le mouvement surréaliste, les romans de l’après-guerre… J’ai même tendance à ne lire quasiment rien de contemporain et à ne jamais être au courant des sorties littéraires (j’y peux rien, ils écrivaient mieux avant). Cette nouvelle section, j’ai envie de l’orienter un peu voyages et découverte du monde francophone ! Je ne vous assommerai donc pas à coups de Balzac (quoique, Honoré peut nous réserver des surprises)…

Comme premier article, je vous propose une sélection de romans de voyages. Ceux qui vous donnent envie de sauter dans votre bagnole, acheter une carte Michelin et partir sans dire au revoir !

  1. Le Devisement du monde de Marco Polo (1298)

Allez, on commence par une antiquité (le bouquin, pas la période historique) ! Ce bon vieux Marco Polo, marchand originaire de Venise, a passé 26 ans à parcourir l’Asie au service de l’empereur mongol Kūbilaï Khān. A son retour d’Italie, il est mis en prison , où il dicte son récit. Le livre est publié en 1298 et est depuis considéré comme le premier récit d’exploration. Car c’était finalement ce qu’il était: un explorateur. Son livre a connu un grand succès dès sa publication et a plus tard inspiré Christophe Colomb. Je suis moi-même en ce moment en train de lire ce livre. Il est passionnant de par les descriptions des villes, des populations, des coutumes et des histoires locales. Malheureusement il n’est pas écrit comme une narration dont Marco Polo serait le personnage principal, mais bien plus comme une suite de récits descriptifs (en gros des fois je m’ennuie).

En l’an 1187, il advint que les Tartares se choisissent un nouveau roi qui se nommait dans leur langue Gengis Khan. C’était un homme de grande valeur, d’une grande intelligence et d’un grand courage. […] Quand il avait conquis un territoire, il ne faisait aucun mal aux vaincus, ne causait aucun dommage à leurs biens. Il laissait seulement sur place une partie de ses hommes et emmenait le reste avec lui pour une autre conquête. C’est ainsi qu’il se comportait. Voyant qu’il les épargnait, qu’il les protégeait et les gouvernait, les habitants des pays conquis se ralliaient à lui et se comportaient en loyaux sujets.

2. Le Chant des pistes de Bruce Chatwin (1987)

Bruce Chatwin est l’auteur bien connu du nomadisme. Dans Le Chant des pistes, il nous emmène en Australie, à la rencontre des aborigènes et de leurs pistes chantées, qui traversent toute l’île continent. J’ai trouvé ce livre magnifique de poésie et de philosophique. Il pose une question centrale: pourquoi l’homme ne peut pas tenir en place ? Mais il aborde aussi avec brio les thèmes de la colonisation, de la diversité culturelle, du respect des traditions, et l’altérité… Je n’en ai pas encore eu le temps, mais il m’a donné envie de lire d’autres de ses romans (ou plutôt enquêtes, car c’est bien lui qui est sur le terrain, rencontre toutes ses personnes, les interroge et s’interroge sur l’idée de nomadisme). Un livre passionnant.

Je vois des itinéraires chantés sur tous les continents, à travers les siècles. Je vois les hommes laissant derrière eux un sillage de chants (dont parfois nous percevons un écho). Et leurs sentiers nous ramènent, dans le temps et dans l’espace, à une petite zone isolée de la savane africaine où, au mépris du danger qui l’entouraient, le premier homme a clamé la stance par laquelle s’ouvre le chant du monde : « JE SUIS ! »

3. L’Usage du monde de Nicolas Bouvier (1963)

Ce livre est mon coup de cœur, celui qui m’a donné l’idée d’écrire cet article. Je l’ai lu, comme Le Chant des pistes, à la fin de mon année de M1 FLE car, pendant le cours de littérature de voyage, nous en avions étudié un extrait. Le reste du livre ne m’a absolument pas déçue ! Il s’agit du récit de voyage de Nicolas Bouvier et de son ami peintre Thierry Vernet. A bord de leur Fiat Topolino ils parcourent les Balkans, le Moyen-Orient et l’Asie, de Belgrade jusqu’à la passe de Khyber (Afghanistan). J’ai trouvé l’écriture de Bouvier brillante et intelligente, ses descriptions piquantes et charmantes. Les villes qu’il a dépeintes, les gens qu’il a introduits dans son livre, j’ai eu envie de tous les rencontrer en vrai ! Je ocmpte d’ailleurs relire ce livre au moment où je partirai en Serbie. Je crois qu’en fait, c’est ce bouquin qui a commencé à me faire fantasmer les Balkans, zone du globe qui m’a longtemps laissée indifférente.

La vérité, c’est qu’on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu’au jour où, pas trop sûr de soi, on s’en va pour de bon.

4. Into the Wild (ou Voyage au bout de la solitude) de Jon Krakauer (1996) et Sur la Route de Jack Kerouac (1957)

J’avoue, je triche. Ces deux livres là, je ne les ai pas lus, je me suis contentée de leur adaptation cinématographique. Je crois qu’il n’est vraiment pas nécessaire de présenter ces deux romans, tant ils sont connus aujourd’hui ! Mais dans les deux cas, bien qu’elles ne soient pas très roses, ces histoires m’ont fait du bien. Elles m’ont fait voir du pays et m’ont montré aussi que le voyage est un rêve certes, mais un rêve qui a des limites. Les personnages de Jon Krakauer et de Kerouac, s’ils nous donnent envie d’être à leur place à de nombreuses reprises, nous font aussi sérieusement nous questionner sur ce que l’on est prêt à accomplir, et ce face à quoi on baisserait les bras. J’aime aussi profondément la réflexion centrale développée dans ces deux romans: sortir du système pour trouver plus de sérénité, plus d’authenticité, mais à quel prix ?

Il y a tant de gens qui ne sont pas heureux et qui, pourtant, ne prendront pas l’initiative de changer leur situation parce qu’ils sont conditionnés à vivre dans la sécurité, le conformisme, toutes choses qui semblent apporter la paix de l’esprit, mais rien n’est plus nuisible à l’esprit aventureux d’un homme qu’un avenir assuré. Le noyau central de l’esprit vivant d’un homme, c’est sa passion pour l’aventure. La joie de vivre vient de nos expériences nouvelles et donc il n’y a pas de plus grande joie qu’un soleil chaque jour, nouveau et différent. Si tu veux obtenir plus de la vie, il faut perdre ton inclinaison à la sécurité monotone et adopter un mode de vie qui te paraitra dans un premier temps insensé. Mais une fois que tu seras habitué à une telle vie, tu verras sa véritable signification et son incroyable beauté.

Into the wild, J. Krakauer

5. Et les autres ?

Petite liste non exhaustive d’autres récits de voyage qui me font de l’oeil et que je compte bien finir par lire: Voyage en Orient de Gérard de Nerval, En Patagonie de Bruce Chatwin, Dans les Forêts de Sibérie de Sylvain Tesson, L’Homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle… En avez-vous d’autres à conseiller ?

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