Mon parcours scolaire: des Lettres au FLE

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J’aimerais vous parler un peu de la façon dont je suis arrivée au FLE. J’appellerais ça un heureux hasard !

Contrairement à beaucoup de professeurs, je n’ai pas su depuis que je suis haute comme trois pommes que je voulais enseigner. En fait, j’étais même sûre de ne pas en avoir envie. Mais c’était plus parce que le système éducatif français (et les ados pénibles) ne m’attirait pas, que parce que je n’aimais pas transmettre ce que je savais. Mes premières expériences en tant que prof ont été assez moyennes, puisqu’il s’agissait de donner des cours particuliers d’anglais à un élève de quatrième, pendant ma troisième année de Licence. C’était fastidieux, il était clairement énervant, mais quand j’arrivais à le faire parler on s’amusait bien, et j’étais toujours fière quand il revenait avec une bonne note. Bref, je n’avais pas envie d’être prof pour les adolescents français et je ne savais pas encore qu’il y avait des tas d’autres possibilités.

Après la seconde générale, je me suis orientée vers un bac Littéraire. C’était ce qui me plaisait le plus, sans aucun doute, pourtant ce ne fut pas un choix très facile. Une petite partie de moi me soufflait que, puisque j’avais des notes correctes voire bonnes un peu partout, je pouvais me permettre d’aller en filière scientifique, « pour me laisser plus de choix plus tard » (tout le monde la connaît cette formule, n’est-ce pas ?). Mais je suis partie en  L et j’ai bien fait !

Le bac en poche et le concours Sciences Po raté, je suis entrée en Hypokhâgne, dans une petite prépa près de chez moi, parce qu’une fois encore les notes me le permettaient, mais surtout parce que je ne savais pas vers quoi m’orienter. Je pourrais dédier un article entier à la prépa, tellement il y a de choses (positives comme négatives) à dire dessus. J’ai appris énormément de choses durant mes années d’Hypokhâgne de Khâgne, tant intellectuellement (puisqu’on nous gavait de littérature, philosophie, histoire-géo, langues vivantes, latin, culture antique) que personnellement. En effet, je n’ai jamais autant travaillé que pendant ces deux années-là. C’était très éprouvant mais aussi formateur. En dehors de ça, les profs étaient sympathiques et impliqués (ce n’était pas les sadiques que l’on s’imagine parfois) et je me suis fait d’excellents amis. Je crois que c’est l’une des choses les plus importantes: la solidarité. Si l’ambiance avait été mauvaise et si je n’avais pas rencontré de personnes aussi chouettes en prépa, je n’aurais pas tenu plus de trois mois. A la fin de la Khâgne, j’ai passé le concours de l’ENS comme tout le monde, et l’ai raté, comme beaucoup. Je ne m’étais inscrite pour aucun autre concours et me suis dirigée vers la Licence de Lettres Modernes (j’avais déjà choisi l’options Lettres Modernes en Khâgne).

Arrivée à la fac, je me prends la claque tant attendue. Malgré l’écrémage des première et deuxième années, beaucoup d’élèves inintéressés étaient toujours là. Mais je me fichais pas mal de l’ambiance moyenne de la promo, j’étais là pour valider ma Licence avec mention car j’avais déjà en tête de faire un Master au Canada. Je me suis donc montrée studieuse et appliquée, chose plutôt facile quand on sort de prépa, car tout nous semble beaucoup moins dur. Je me souviens avoir été étonnée par le format des partiels par exemple. Alors qu’en Khâgne on passait 6 heures de notre samedi à gratter une dissertation longue de plusieurs copies doubles, en fac on ne nous demande qu’une intro, un plan détaillé et une conclusion en deux heures. Certains cours étaient intéressants, mais je ne ressentais plus du tout l’énergie et la vivacité intellectuelle que j’avais connues auparavant. J’avais pris l’option Communication car, ne sachant pas vers quel métier m’orienter, mais sachant pertinemment que je ne voulais pas passer les concours de l’Enseignement, cela me paraissait judicieux. Faux, j’aurais dû prendre l’option FLE ! Mais à l’époque, ça sonnait encore trop « prof » pour moi. J’ai globalement passé une bonne année à la fac, beaucoup plus tranquille, et je me suis fait de chouettes amies une fois encore. Finalement, j’ai décroché ma Licence Lettres Modernes option Communication avec la mention bien et ai été acceptée en Master de Littératures en langue française à l’Université de Montréal, ce que je voyais à l’époque comme le Graal.

Tout juste licenciée, 20 ans à peine, j’ai fait mes bagages, dit au revoir à mes amis et à ma famille les larmes aux yeux (et pas que, j’avoue), et me suis envolée pour le Canada. J’en rêvais depuis un long moment déjà et l’euphorie n’a pas tardé à remplacé la tristesse des adieux ! Je reviens plus longuement sur les études au Québec dans cet article. En tout cas, l’année de M1 m’a beaucoup plu, le format était très différent de la fac française (proximité avec le prof, tables rondes, vraies discussions…) mais la dose de cours était assez légère (compensée, normalement, par le travail individuel). Autant dire que j’en ai profité pour sortir et voir un peu du pays. Je crois que c’est cette expérience qui a été un déclic: j’ai adoré vivre à l’étranger et j’ai adoré le contact avec une autre langue française, une autre culture francophone. J’ai beaucoup douté cette année-là sur ce que j’allais faire de ma vie. J’aurais pu rester et, pendant l’année de M2, faire les stages d’enseignement en lycée. Au Québec, il n’y pas besoin de concours, mais du diplôme de Master et de la validation des stages. A la place, je me suis renseignée sur comment donner des cours à l’étranger et me suis souvenue du cours d’initiation au FLE que j’avais eu en Licence 3  qui, à l’époque, ne m’avait franchement pas plu (barbant, très théorique, à fond sur la méthodo). A la fin du M1, j’ai décidé de rentrer en France et me suis inscrite au Master 1 Enseignement du Français Langue Etrangère de Nanterre Paris X.

De retour en France, j’ai mené en parallèle un M2 de Littérature à distance avec Montréal (cela consistait « seulement » à la rédaction d’un mémoire de recherches) et mon M1 de FLE. J’avais peu de cours, la plupart très orientés PGCE (enseignement du français au Royaume-Uni), ce qui n’était pas du tout mon objectif. J’étais désormais sûre qu’enseigner aux collégiens/lycéens, qu’ils soient Français, Canadiens ou Anglais, n’était pas pour moi. En plus des cours de grammaire, phonétique, politique européenne, méthodologie, il y avait quelques cours de littérature, que j’ai adorés (mais pas autant que les copines que je m’y suis faites, big up les filles si vous lisez ces lignes). J’ai finalement validé mon M1 avec la mention très bien et me suis inscrite en M2 à distance avec l’université d’Arras (oui, j’adore changer de fac chaque année, je dois avoir une passion secrète pour les dossiers et la paperasse), afin de ne plus aller à la fac mais d’avoir le temps de travailler et de seulement rendre des dossiers.

Nous voici donc en juin 2016, j’ai rendu mon mémoire à Montréal cet hiver et attends impatiemment mon diplôme de Master (valorisé sur un CV FLE, même si je ne pourrais pas faire ce que je fais actuellement sans mes études de FLE). J’ai aussi rendu tous mes dossiers du Semestre 1 à Arras et suis en train de boucler ceux du Semestre 2. Il me restera le mémoire professionnel à écrire et la soutenance à passer (ce sera pour 2017, je vous explique pourquoi ici). Je suis contente de mon choix même si avoir des camarades de classe me manque et même si je me sens souvent abandonnée face aux devoirs demandés et aux consignes floues des profs. Cela m’a permis de travailler 5 mois dans une école de FLE, à Lille, puis d’enchaîner avec un stage de 5 mois ici à Brême.

Bref, mon parcours a été l’objet de beaucoup de doutes et de remises en question ces dernières années, mais je suis contente d’où je suis aujourd’hui. Le FLE n’est pas un monde de bisounours et je sais que j’aurai des compromis, voire des sacrifices à faire, que je n’aurai pas toujours de quoi vivre aisément, que je me sentirai parfois dans l’impasse… Mais j’ai décidé de faire ce qui me plaît: enseigner, voyager, être libre ! Et s’il le faut, je ne suis pas contre l’idée de passer un concours ou de rechanger de voie plus tard: l’avenir le dira !

 

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